Écologie : lancement de la seconde phase d’Ambassad’air

Top départ de la saison 2 d’Ambassad’air. 34 habitants de Blosne, de Villejean et de Bréquiny devront, pendant un an, récolter des données sur la qualité de l’air de leur quartier.

Prêt, feu, enregistrez ! Début novembre a sonné le lancement de la deuxième phase du projet écologie Ambassad’air ; projet mené sur deux ans par La Maison de la consommation et de l’environnement de Rennes (MCE). Après Blosne et Villejean, c’est au tour de Bréquiny de venir s’ajouter à la liste des quartiers tests. 34 habitants, répartis entre les trois secteurs, se chargeront, pendant un an, de récolter des données sur la qualité de l’air de leur lieu de vie à l’aide de capteurs. Le but : sensibiliser les populations et les amener à adopter des comportements plus écologiques. À l’origine de l’initiative, un contentieux avec la commission bruxelloise de l’environnement. Le seuil trop élevé de dioxyde d’azote oblige la collectivité rennaise à réaliser des mesures et à trouver des solutions visant à réduire les émanations de l’agent polluant. Si Ambassad’air ne répond pas aux exigences de Bruxelles ; les capteurs mesurant uniquement les particules fines ; Jacques Le Letty, le chargé de mission MCE à l’origine du projet, souligne son aspect pédagogique.

11 « citoyens capteurs » à Brequiny

Chez eux, en balade, dans leur voiture… Les onze volontaires recrutés par la MCE pourront prendre connaissance de la qualité de l’air qu’ils respirent n’importe où, n’importe quand. Munis d’un capteur Airbeam, il suffira aux habitants d’ouvrir l’application smartphone dédiée pour consulter le taux de dioxyde et le nombre de particules fines inspirés.

Si certains participent à Ambassad’air pour préserver leur santé et surveiller de près les quantités de particules fines inhalées, d’autres se joignent à l’aventure dans l’espoir de faire avancer la science ou encore pour se rendre concrètement compte de l’état de l’air de leur ville.

Les données récoltées par les habitants des trois quartiers seront partagées en open data et pourront être consultées librement. Jacques Le Letty espère que les informations diffusées inciteront les citoyens à privilégier les déplacements en vélo, les transports en commun, le co-voiturage ou à mettre en place des pédibus pour amener les enfants à l’école.

Rennes pointée du doigt par Bruxelles

La quantité de dioxyde d’azote proliférant dans les rues de Rennes n’est pas passée inaperçue auprès de la commission bruxelloise de l’environnement. Rapporter des mesures chiffrées de l’agent polluant et entreprendre des actions visant à réduire sa surabondance : voilà les missions confiées aux élus de la capitale bretonne. « Une absence de résultats mènerait à une amende ; une créance dont l’État français serait redevable » confie Jacques Le Letty. Et pour cause : troubles et irritations respiratoires sont des conséquences d’une quantité excessive de dioxyde d’azote. Des individus ayant subi une exposition intense et prolongée peuvent faire l’objet de soucis de santé permanents.

C’est à l’organisme Airbreizh qu’a été confiée la mission de récolter les données relatives à la quantité de dioxyde d’azote à l’échelle départementale ; données délivrées et analysées par la commission bruxelloise.

De son côté, Mr Le Letty qualifie son projet Ambassad‘air « d’action complémentaire » à la tâche d’Airbreizh.

Ambassad’air : un projet vraiment utile ?

150,000 euros. Voilà le coût du projet Ambassad’air ; projet financé à 50 % par les contribuables rennais. Ce montant choque d’autant plus lorsque l’on sait que les données récoltées dans le cadre de l’initiative écologique sont, pour la quasi-totalité, inexploitables. « Les volontaires font un peu ce qu’ils veulent. Ils relèvent des données à des jours, des heures et des lieux différents. Les informations recueillies sont ainsi difficilement comparables et utilisables dans un cadre scientifique » explique Mr Le Letty. À noter que les capteurs distribués dans les trois quartiers rennais mesurent uniquement les particules fines ; des données, dans l’immédiat, inutiles à Bruxelles qui se focalise, en premier lieu, sur le dioxyde d’azote présent dans le chef-lieu de la région Bretagne. « Les capteurs mesurant le dioxyde d’azote coûtaient bien trop cher. C’est pourquoi nous nous sommes rabattus sur ceux relevant la quantité de particules fines ».

écologie

Si le créateur d’Ambassad’air ne dissimule pas l’impertinence des données récoltées, il affirme que son projet permettrait de « faire bouger les lignes ». « Les volontaires ont repéré des endroits précis, et notamment un parking, dont la quantité de particules fines se révèle inquiétante ». Mr Le Letty ajoute « de par leur petite taille, ces particules passent dans le sang et atteignent aisément le cerveau ». Le militant écologique pense que le projet pourrait amener les citoyens à pointer certains industriels et autres acteurs pollueurs du doigt. « Ambassad’air pourra contribuer à faire bouger les choses ».

Ambassad’air : quel futur pour le projet ?

Jacques Le Letty souhaite augmenter le nombre d’acteurs impliqués dans Ambassad’air. « Nous avons commencé avec 15 personnes. Nous sommes aujourd’hui 150 ». Le projet réuni une dizaine d’organismes et d’établissements dont le collège Émile Zola, Rosa Parks, l’association étudiante Ar Vuez de l’université de Rennes, l’entreprise La Petite Rennes, et bien d’autres encore. « Nous aimerions également avoir dans nos rangs des acteurs sportifs ». Aussi, la MCE a commandé un capteur capable de détecter et de quantifier le dioxyde d’azote. Le but : répondre aux interrogations des habitants qui se posent des questions quant aux conséquences du trafic rennais sur leur santé. « Nous aimerions également travailler avec des pharmacies. Ces dernières seraient invitées à communiquer sur les problèmes liés au dioxyde d’azote et aux particules fines ». Finalement, Mr Le Letty ambitionne d’étendre son projet écologie à toute la ville de Rennes et de poser des capteurs fixes pour relever des données fiables et exploitables.

 

 

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