Sécurité. Le maire de Saint Grégoire arme ses policiers municipaux

Depuis quelques jours, les habitants de la commune de Saint Grégoire (35) ont pu apercevoir leurs trois policiers municipaux munis d’une arme à feu. Un magnum 357. Pourquoi armer ses policiers municipaux ? « Pour pouvoir intervenir, un policier doit être armé », répond Yves Bergerat, président du syndicat national des policiers municipaux.

Déjà plus d’une dizaine de communes bretonnes ont décidé de doter leurs agents municipaux d’une arme à feu. Saint Grégoire, commune située au nord de Rennes, en fait à présent partie. C’est suite à plusieurs années de débats avec les policiers municipaux que le maire UDI, Pierre Breteau, a finalement accepté d’armer les trois policiers municipaux que compte la ville. Pourquoi accepter aujourd’hui ?

Cette décision peut surprendre, d’autant plus dans cette petite commune bretonne, alors même que la ville de Rennes, voisine, n’arme pas ses policiers municipaux. Mais, dans un contexte de menace terroriste, il semble normal, pour les représentants de la police municipale interrogés, d’instaurer cette mesure. « Malheureusement, que l’on soit à Paris ou en province, le danger est partout. On est pas à l’abris d’une attaque, il faut qu’on soit préparés à cette éventualité », justifie Jean-Jacques Le Verge, chef de la police municipale de Saint-Grégoire.

Garantir la sécurité des policiers municipaux et de la population

Il relève de la responsabilité du maire de la commune de prendre cette décision. En vertu de la loi française, celui-ci doit « assurer et garantir la sécurité des fonctionnaires placés sous son autorité ». L’union syndicale professionnelle des policiers municipaux axe sa campagne sur cet argument : Si le maire n’assure pas la sécurité de ses policiers municipaux, alors il sera tenu responsable. D’où la nécessité de les armer.

Pierre Breteau assure que cette décision a été longuement réfléchie, mais lui apparait aujourd’hui nécessaire : « j’ai longtemps jugé que ce n’était pas utile. Mais aujourd’hui, le contexte a changé », répondait-il aux journalistes de 20 minutes, « les responsables de la sécurité sont aujourd’hui beaucoup plus exposés en France, on ne fait que s’adapter à ce contexte. Ils demandaient à pouvoir se défendre, notamment quand ils patrouillent seuls. Je ne trouve pas ça illogique ».

Saint Grégoire : Une commune riche et relativement calme

Contrairement à ce que cette décision pourrait laisser entendre : Saint Grégoire est la commune la plus riche de Bretagne, et de fait l’une des plus calmes. Selon les données de la carte des communes de l’INSEE, le revenu médian de la commune de Saint Grégoire s’élève à plus de 28 000 euros, par personne, soit 8 000 euros de plus que Rennes (20 000) et 2 000 euros de plus que Cesson-Sévigné (26 000). Interrogé à ce sujet, le maire centriste répondait à 20 minutes que « l’armement des policiers municipaux n’est pas du tout fait pour lutter contre l’insécurité. Notre ville est relativement calme ».  Mais alors, pourquoi armer les policiers municipaux de cette commune ?

« Le problème de la police municipale, c’est qu’on est au contact de plein de choses. Le plus dangereux c’est d’arriver sur une opération qui semble banale et qui est au final très risquée. On peut arriver sur un cambriolage qui tourne mal, avec quelqu’un d’armer et qui va nous tirer dessus. Qui peut dire aujourd’hui que parce que cette commune est petite, il ne va jamais rien s’y passer ? », justifie Yves Bergerat, président du syndicat national des policiers municipaux.

Le magnum 357, c’est une arme de guerre”

Les policiers municipaux sont désormais munis d’une arme à feu. Ils y ont été formés pendant plusieurs semaines et sont donc aptes à la posséder. « la préparation, le suivi, tout est contrôlé », confiait Pierre Breteau à Ouest France. Or, il ne s’agit pas de n’importe quelle arme à feu, mais d’un magnum 357. Une arme hautement dissuasive, mais surtout « une arme de guerre », confie Jean-Louis del Pistoia, directeur national de la communication de l’union syndicale professionnelle des policiers municipaux. « Elle sera rechambrée, mais c’est vrai que c’est impressionnant, ça peut faire des dégâts ».

L’arme en question sera modifiée, explique-t-il, puisqu’aucun policier ne possède une arme de guerre. Reste-t-il que ce choix n’est pas banal et la qualification utilisée par le responsable syndical peut inquiéter. « C’est vrai que l’arme peut inquiéter et ce n’est pas la réponse à tout, mais à Nice, s’il n’y avait pas eu d’arme, le chauffeur aurait continuer sa route » conclut-il.

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