Transports rennais : La chasse aux particules fines

Suite à la nouvelle délégation de service public (DSP) du réseau Star votée le 19 octobre à Rennes, de nombreux engagements illustrent l’urgence rennaise de constituer un service de transport urbain plus protecteur de la santé publique.

Le conseil de Rennes Métropole et la société Keolis, dont le contrat comme délégataire du service de transport de la métropole rennaise a été renouvelé jeudi 19 octobre, ont évoqué leur volonté de trouver des alternatives au diesel et à la voiture solo afin de diminuer la pollution de l’air aux particules fines (PM10, PM2,5) à Rennes. En effet, celle-ci serait essentiellement d’origine routière et responsable de la mort de 48 000 personnes annuellement en France, selon l’agence nationale de santé publique. Concernant Rennes,  le nombre de jours par an de mauvaise qualité de l’air tend à se stabiliser. Mais les chiffres restent toutefois deux à trois fois plus élevés que dans les autres départements de la région (voir infographie ci-dessous). 

 

Nombres de jours de dépassements du seuil de recommandation et d’information public en PM10 (> 50 µg/m3) (Source Air Breizh)

L’agglomération, concernée par un plan de protection de l’atmosphère (PPA) depuis 2015, tente donc de se refaire une santé avec une mutation vers le bus électrique, un enrichissement de l’offre vélo, et la mise en service d’une application numérique de covoiturage.

 

Vers une flotte de bus électriques

Conformément à la loi sur la transition énergétique, la métropole rennaise doit notamment s’engager dans une mutation de sa flotte de bus vers l’électrique ou le biogaz. Ainsi, après l’arrêt d’achat de bus diesel décidé en 2015, ce sont désormais huit bus BlueBus (Bolloré) 100% électrique qui vont être testés entre 2018 et 2020. L’objectif est de préparer l’acquisition d’une grande proportion de bus à faible émission. « À partir de 2020, le réseau de bus STAR passera progressivement à la motorisation électrique », s’engage Keolis dans un communiqué. Les minibus Handistar, dédiés aux personnes en situation de mobilité réduite, sont également concernés par cette conversion.

 

« 13 000 tonnes de CO2 économisé par an » 

« La seconde ligne de métro et la réorganisation du réseau de bus vont permettre d’augmenter significativement la part des transports en commun dans les déplacements du cœur de la métropole », explique la collectivité. Automatisé et sans conducteur, la ligne b permettra aussi d’économiser environ « 13 000 tonnes de CO2 »  par an selon Rennes Métropole, soit l’équivalent de 13 000 aller-retours Paris-New-York en avion.

 

Covoiturage et location de vélo, deux autres alternatives

Du côté des alternatives à la voiture solo, une nouvelle application mobile baptisée STARMobilités, disponible dès mars 2018, sera dotée d’un service de covoiturage avec réservation « en temps réel ». Son but consiste à mettre en relation des automobilistes et des passagers sur des trajets de courte distance. « Cela fonctionne comme tout système de co-voiturage déjà connu, sauf qu’à tout moment, une personne peut s’ajouter à un trajet en cours », explique Yann Hervouët, le PDG d’Instant System, développeur de cette application qui a déjà fait ses preuves dans le département du Var ainsi qu’à Bordeaux. Enfin, si le nombre de station en libre service Vélo Star passe de 83 à 54 en raison d’une trop faible fréquentation, l’offre de location longue durée (un ou deux ans) s’élargit avec plus de 1800 vélos à assistance électrique.

 

En 2016, la qualité de l’air était médiocre quasiment un jour sur quatre à Rennes selon l’association Air Breizh. En finir avec les hydrocarbures et le “tout voiture” serait un grand pas pour atténuer les émissions polluantes liées au transport et ainsi réduire les risques de maladie qui y sont liés.

 

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