Rennes Métropole éclaire 35 bâtiments publics avec de l’énergie verte

Après la signature du contrat de fourniture d’électricité entre la métropole de Rennes et l’entreprise écologique Enercoop, l’origine de l’énergie « verte » promise pose question.  L’électricité d’Enercoop est-elle vraiment « 100 % renouvelable » ?

À partir du 1er janvier 2019, 35 bâtiments de Rennes Métropole seront alimentés par de l’électricité verte. Un contrat vient d’être signé entre la collectivité territoriale et le fournisseur Enercoop, qui revendique une électricité 100 % renouvelable. L’entreprise, créée en 2005, propose de l’électricité verte aux particuliers et aux collectivités. Pour une facture un peu plus élevée (de l’ordre de 20 % par rapport aux tarifs réglementés), la société garantit un geste pour la planète et le développement des énergies renouvelables.

La démarche de la Métropole s’inscrit dans la volonté politique de la maire de Rennes, Nathalie Appéré, de faire de la ville une précurseur du développement durable. En avril 2018, lors de la conférence du réseau Energy Cities, dont est membre la capitale bretonne, Nathalie Appéré avait annoncé qu’en 2020 « 100 % des équipements municipaux seront alimentés en électricité durable. Un objectif que nous atteindrons notamment en implantant des panneaux photovoltaïques sur un maximum de toitures de nos bâtiments, avec des entreprises innovantes et des citoyens engagés. »

Ces acteurs de la vie locale, Enercoop en fait partie. La jeune entreprise aux 42 000 consommateurs (chiffres fin 2016) fournit son électricité grâce à des producteurs locaux. Il est toutefois difficile de « tracer » de l’énergie. Une fois produite, celle-ci se retrouve sur le réseau et il est impossible de reconnaître une électricité qui est issue du renouvelable ou qui ne l’est pas. Pour défendre son argument d’énergie propre, Enercoop met en avant le fait d’obtenir la consommation de ses abonnés grâce à des contrats directs afin de connaître précisément son origine et favoriser le circuit court.

Quatre sources d’énergie sont utilisées par la coopérative : l’hydraulique, l’éolien, le solaire et la biomasse. Les énergies renouvelables sont régulièrement critiquées pour leur inconstance et leur imprévisibilité. Enercoop n’échappe pas à la règle. En 2017, la coopérative n’a pu fournir que 96 % de l’électricité de ses consommateurs via ses producteurs et leurs contrats directs. « 2017 a été une année parmi les plus sèches depuis 50 ans, explique-t-on du côté d’Enercoop. Le déficit de précipitations a fait que nos producteurs d’hydroélectriques ont subi une sous-production d’environ 30 % par rapport aux prévisions. » Pour fournir les 10 gigawatts manquants, la firme écologique annonce avoir acheté l’énergie sur le marché de gros, ainsi que des « garanties d’origine photovoltaïques » de la coopérative belge Ecopower.

Adoubé par Greenpeace

Fin septembre 2018, Greenpeace a publié une étude comparant la trentaine d’offres « vertes » du marché. Enercoop fait partie des trois seuls fournisseurs (avec Energie d’ici et Ilek) à être catégorisés comme « vraiment verts ». « Nous recommandons Enercoop qui permet de consommer une électricité véritablement renouvelable et de soutenir des petits producteurs indépendants, approuve Greenpeace. De plus son statut de coopérative fait que plus de la moitié des bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise et des projets citoyens d’énergie renouvelable. » Sa faible utilisation des énergies fossiles (0,3 % du total) et nucléaire (moins de 2 %), pour compléter sa production d’électricité renouvelable légèrement insuffisante, est louée par l’association écologiste.

 

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